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Abstinence préjudiciable
C'est à juste titre que le premier juge a octroyé la somme de 10 000 euros à titre de dommages-intérêts à l'épouse sur le fondement de l'article 1382 du Code civil (C. civ., art. 1382) , pour absence de relations sexuelles pendant plusieurs années. Si le mari conteste l'absence de relations sexuelles, considérant qu'elles se sont simplement espacées au fil du temps en raison de ses problèmes de santé et d'une fatigue chronique générée par ses horaires de travail, cette quasi absence de relations sexuelles pendant plusieurs années, certes avec des reprises ponctuelles, a contribué à la dégradation des rapports entre époux. Il s'avère, en effet, que les attentes de l'épouse étaient légitimes dans la mesure où les rapports sexuels entre époux sont notamment l'expression de l'affection qu'ils se portent mutuellement, tandis qu'ils s'inscrivent dans la continuité les devoirs découlant du mariage. Il s'avère enfin que le mari ne justifie pas de problèmes de santé le mettant dans l'incapacité totale d'avoir des relations intimes avec son épouse.
Les deux enfants majeurs étant désormais à la charge du père dans la mesure où ils ont déclaré être domiciliés chez lui, il y a lieu de supprimer la contribution paternelle à leur entretien et à leur éducation. Il appartient au père de faire diligence pour obtenir la main levée de la procédure de paiement direct qui est devenue sans objet. Par ailleurs, s'il appartient à la mère de contribuer à leur entretien, le père n'a fait aucune demande en ce sens. Il sera toutefois constaté qu'elle offre de verser 250 euros mensuels à ce titre pour l'un des deux enfants.
Source
CA Aix-en-Provence, 6e ch. B, 3 mai 2011, n° 09/05752, n° 2011/292 : Juris-Data n° 2011-014496