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X. a assigné Y. en paiement de la somme 1 753 163,70 euros qu'il soutenait lui avoir prêtée entre 1995 et 1997, ce dernier soulevant l'exception de jeu.
Le prêteur ne peut faire grief à l'arrêt confirmatif attaqué d'avoir déclaré son action irrecevable.
Aux termes de l'article 1965 du code civil, la loi n'accorde aucune action pour une dette de jeu ou pour le paiement d'un pari.
La cour d'appel a constaté que du mois d'octobre 1995 à celui de mai 1997, Y. avait signé chaque mois un acte dans lequel il reconnaissait avoir reçu une somme en espèces de X. pour ses besoins personnels et s'engageait à la rembourser au plus vite et que ces actes avaient été récapitulés dans une reconnaissance de dette générale signée des deux parties le 20 juillet 1997, par laquelle Y. s'était reconnu débiteur de la somme de 11 500 000 francs majorée des intérêts capitalisés jusqu'au 31 juillet 1997 au taux de 10 % l'an.
L'arrêt retient exactement que la cause de l'obligation de Y. énoncée dans cet acte est présumée exacte et qu'il lui incombe de démontrer que le prêteur ne lui a pas versé la somme litigieuse ou que ce prêt lui a été consenti pour jouer ; au titre des circonstances permettant de caractériser l'existence d'une dette de jeu, les juges ne se sont pas bornés à se référer à l'énormité de la somme globale prêtée, constituée exclusivement par la remise de sommes en espèces, mais ont en outre fait état de l'établissement de reconnaissances de dette mensuelles sur une longue période, de ce que Y. était un joueur ainsi que du fait que, si X. contestait l'être également, l'une des attestations produites indiquait pourtant qu'il s'était adonné aux jeux d'argent et ont ajouté que celui-ci n'avait pu d'ailleurs justifier de l'origine des fonds qui lui auraient permis de prêter des sommes considérables, sa déconfiture au moment des faits étant avérée par l'existence d'une procédure collective, tout en constatant enfin qu'il ne pouvait prétendre avoir ignoré la destination des sommes litigieuses.
La cour d'appel ayant dans ces conditions jugé qu'il était établi qu'il s'agissait de fonds destinés au jeu, ayant permis à l'emprunteur aussi bien de payer ses dettes que de continuer à jouer en dehors d'un établissement dans lequel le jeu est régulièrement autorisé, en a à juste titre déduit que Y. était en droit à se prévaloir de l'article 1965 du code civil interdisant toute action pour une dette de jeu.
Source
Cass. 1re civ., 4 nov. 2011, n° 10-24.007, F-P+B+I